26 septembre 2008
XVIII/ Vieux fous !
Vieux fous ! Et elle, pauvre naïve ! Était-elle si désespérée pour avoir cru à toutes ces sornettes ? Ils étaient venus lui dire de belles choses, lui avaient fait miroiter l’océan pour ne lui offrir qu’une flaque croupie. Elle avait honte de s’être accrochée à l’idée d’une vie nouvelle. Elle avait honte d’être restée elle-même. En fait, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle avait espéré. Un corps différent, qui supporterait toute la dureté du monde ? Des ailes, pour s’envoler loin de tout, au-dessus des nuages, derrière les montagnes, pour voler avec les buses et ne plus voir le village que comme un petit point sombre et immobile ? Des pouvoirs, peut-être ? Le savoir ? Elle l’ignorait. Mais elle était restée la même et en était dépitée.
Elle s’enfouit sous ses couvertures, recroquevillée comme pour disparaître en elle-même, pour se rouler en une petite boule toute rose, toute lisse, qui roulerait, dévalerait les pentes de la montagne, sauterait dans un ruisseau et coulerait avec lui jusqu’à la mer.
Au chaud dans son lit, elle ne s’aperçut pas qu’à l’instant même où elle pleura, le ciel l’imita.
